Notre boîte à outils… la petite histoire d’un atelier aux rencontres RPPN



Septembre, c’est l’effervescence de la rentrée. Pour ma part, la page est presque blanche. L’accueil en forêt pour les tout-petits est, pour le moment, le seul accueil en nature récurrent programmé pour l’année. Je me mets à tâche à dire oui à toutes les propositions qui arrivent, par curiosité aussi de voir où cela va m’amener. Je dis donc Oui à la sollicitation des organisatrices des Rencontres RPPN à faire un atelier, même si je n’ai pas une idée très claire de ce que je vais proposer. Ensuite, le rush des projets qui se bousculent pour se mettre en place monopolisent mon attention. Et hop, c’est (déjà ?!) la veille de mon atelier…Un mouvement de recul (de panique ? peut-être) –« mais que vais-je faire?! » Puis dans les yeux de Daniella, l’organisatrice chargée des ateliers, je vois que sa confiance en moi n’a pas bougé. Je me recentre, puis je me rappelle. Comme dans mes accueils, tant que j’ai mon intention de partager ma passion pour le bien être des vivants comme boussole intérieur, et mon attention ardente comme outil de lecture de la situation (en constant évolution, il faut le dire), je suis sur le bon chemin.


Bienvenue à l’atelier Partage des pratiques pour les 0-3 ans

Une dizaine des participantes, et c’est parti. On plonge tout de suite dans le vif du sujet, même avant de se présenter : lecture et analyse de terrain. J’invite les participantes à redécouvrir le terrain de notre camp de base des Rencontres à travers les yeux d’un tout-petit : Qu’est ce qui pourrait intéresser les enfants agés de 18 mois à 3 ans ? Et les non-marcheurs ? Que voudraient-ils y faire ? Sur quoi peuvent-ils trébucher ? A quoi devons-nous faire attention ?

Un creux de quelques centimètres de profondeur s’avère un mini terrain d’aventure où certains jours, certains enfants pourront y passer des longs moments à monter et à descendre ‘les collines’, à creuser, à se cacher, et bien plus encore (et ce sont les enfants qui nous l’apprendront !). Des racines à peine perceptibles pour nous, adultes, et la petite souche mouillée : Voilà des obstacles et des défis d’équilibre à soulever et à maitriser quand on ne fait que quelques dizaines de centimètres. Un espace relativement petit, avec quelques éléments variés peut ainsi offrir de vastes opportunités d’exploration.



On partage !

J’invite ensuite les participantes de se présenter et la discussion abonde autour des pratiques et des préoccupations des participantes. Quelle richesse ! L’expérience, les lieux de pratique courants ou envisagés, les publics et les questionnements des participantes sont très différents, ce qui nous permet de découvrir les multiples facettes du travail en nature avec les petits, d’y réfléchir ensemble, de proposer des pistes. Je tenais à partager avec les participantes mes tâtonnements et erreurs parce qu’il m’a fallu du temps pour comprendre que je touche ce public de 0-3 ans à travers des adultes (et oui !). Et si au début de mes accueils, je m’adressais presque exclusivement aux enfants, j’ai rapidement compris que je devais absolument passer par les adultes référents, que mes accueils s’adressaient autant aux assistantes maternelles qu’aux enfants. Aujourd’hui, je tends à mettre à l’aise les assistantes maternelles et les directrices des RAM, en leur proposant des invitations qui peuvent les intéresser elles, et en me mettant à leur côté pour analyser les comportements des enfants qui les mettent mal à l’aise. Je travaille pour leur permettre de voir l’enfant dans cet espace autrement. C’est un accompagnement, sans bouscule, qui s’inscrit sur le temps long (comme tant de choses dans la PPN) où ce milieu, qui, pour la plupart, ne faisait pas partie de leur répertoire professionnel jusque là, devient petit à petit familier, confortable, apaisant. Apaisant et pour elles, et pour les enfants dont elles s’occupent. Un apaisement qui se fait ressentir, selon le témoignage des assistantes maternelles, pendant les séances, et tout au long de la journée après un accueil en forêt !

C’était une grande joie de partager avec les participantes de l’atelier ce type de réussite et d’entendre, dans l’espace de ce temps de partage que nous nous sommes donné, les différents vécus et approches.

Par exemple, certaines participantes, travaillant avec les familles qui pratiquent l’instruction en famille (IEF), ont une expérience toute autre avec les adultes : ce sont souvent des familles très à l’aise en nature qui viennent déjà avec des enfants plus grands et qui sont en demande des expériences en nature pour les petits frères et sœurs également. Le travail sur un terrain public ou sur un terrain privé change aussi la donne.

Et les activités… ? Pour combien du temps ? Quelle est ton approche du matériel, ou de tarif ? Le temps de l’atelier s’est écoulé avant qu’on puisse aborder toutes les questions. Le groupe a proposé de continuer l’échange sur le forum. Il y a maintenant une nouvelle rubrique PPN et Petite enfance Tu as peut-être toi aussi des questions, des pistes ou des expériences à partager ? La discussion a bien démarré, alors viens faire un tour, c’est part ici.

Rachel ZETLAND





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