Au coin du feu avec ... Antoine
- Drine100v

- 11 avr.
- 5 min de lecture
Chaque saison, nous retrouvons des membres du réseau, au coin du feu, qui partagent leur aventure… Pour ce numéro, Antoine nous raconte son parcours ...

Bonjour, est-ce que tu peux te présenter rapidement (ton prénom, où tu vis, ton âge, et ton parcours en quelques mots).
Je m’appelle Antoine-Antilope, j’ai 42 ans et je vis à Brest, où je suis né. J’ai grandi entre la ville et la mer, avec une forte connexion à la nature. À 18 ans, plusieurs chocs personnels et écologiques m’ont poussé à chercher comment agir face aux grandes crises de notre époque. J’ai alors étudié l’entrepreneuriat à Paris puis travaillé plusieurs années dans divers pays, notamment en Afrique de l’Ouest sur des projets citoyens d’accès aux “besoins essentiels”.
Avec le temps, et la naissance de mon premier petit gars (Robinson) en 2014, j’ai ressenti le besoin d’un engagement dans ma région natale. J’ai lancé plusieurs projets dans ce sens autour de Brest, notamment la PAM, un tiers-lieu urbain où l’on expérimente concrètement le convivialisme : faire société autrement, par la coopération, la culture et l’écologie au niveau local. Puis j’ai découvert la Pédagogie par la Nature grâce à la Forest School Autour du Feu où on avait inscrit Robinson à l’aube de ses 6 ans. Cette rencontre a été décisive : je me suis formé et j’ai cofondé en 2023 l’association Skol Ar Forest et le projet Brest Forest School dont l’objet est de contribuer à l’émergence et la diffusion d’une “culture du vivant” auprès du plus grand nombre par l’immersion en pleine nature.
Je suis donc désormais Pédagogue par la Nature quasiment à plein temps, et c’est génial !
Merci Antoine ... Quelle est ta météo intérieure en écrivant ces quelques lignes ?
Mer belle, vent calme, soleil printanier intérieur qui me réchauffe le coeur après plusieurs jours passés en forêt sur mes ateliers.
Est-ce que comme beaucoup de personnes en France qui rejoignent cette aventure de la PPN, tu as encore le syndrome de l’imposteur ?
Ha ha ! Oui. Mais de moins en moins. Pourquoi ?
Le temps déjà : cela fait près de 6 ans que j’ai commencé la réflexion, 3 ans qu’on s’est lancés donc bon, on ne va pas se prendre la tête toute sa vie sur “suis-je légitime?”
L’expérience, avec les coups subis et les soleils qui rayonnent : on a subi la grosse tempête Chiaran (et donc monté déjà deux camps de base), on a réalisé près d’une centaine d’ateliers (en camp et en itinérance), on a accueilli environ un millier de participant·es…
Les retours des participant·es et des pairs : hyper enthousiasmants, ça fait beaucoup de bien, notamment le réalignement avec les camarades du RPPN lors des rencontres nationales et régionales, et bien entendu des modules de formation. Une phrase me revient toujours, celle de Julie lors d’une de nos formations qui a dit “maintenant vous êtes pédagogues par la nature”, ça m’a beaucoup aidé.
La “buena onda” : je me sens juste très bien dans ce job, donc c’est que c’est fait pour moi et que je suis légitime !
Est-ce que tu peux décrire ton projet et pourquoi tu as rejoint le RPPN ?

Mon projet s’appelle Brest Forest School. Il est porté par une association “Skol Ar Forest” que nous avons créée au début entre 3 pédagogues par la nature du Nord Finistère pour “diffuser une culture du vivant”. Nous proposons des activités de PPN dans un “camp de base” principal et en itinérance pour différents publics : bébés et jeunes enfants, enfants plus grands, groupes (écoles, structures), mais aussi des temps pour les professionnels souhaitant découvrir/expérimenter cette approche.
Notre camp de base est situé dans le domaine du château de Kervéatous, au cœur de l’une des rares forêts du nord Finistère. Ce lieu est splendide, il nous permet d’accompagner les enfants dans une relation libre, sensible et progressive au vivant, à travers le jeu, l’exploration et l’autonomie bref, les piliers de base de la PPN.
Le projet vise aussi à créer un véritable réseau local autour de la forest school : nous cherchons à tisser des liens avec les habitants du territoire et les acteurs du vivant — agriculteurs conventionnels et agroécologiques, naturalistes, artisans, chasseurs, propriétaires et usagers des terres — pour que ce lieu devienne un espace de rencontre et de dialogue autour des relations entre humains et nature.
C’est mon fils de 6 ans qui m’a fait découvrir le RPPN ! Il allait tous les mercredis avec un copain à la Forest School de Plonéis (sud-Finistère), et à un moment (l’histoire est longue), j’ai fini par comprendre vraiment ce qu’il y faisait vraiment et cela m’a subjugué ! Je me suis dit qu’il fallait vraiment qu’une telle proposition soit accessible au plus grand nombre à côté de chez soi, et j’ai commencé à me former auprès du RPPN. .
Si tu étais une partie de la forêt/la nature, laquelle serais-tu ?
Oh quelle belle question. J’adore l’idée de “Une seule forêt”, et donc la forêt dans sa version aussi sous-marine : je serais sans doute une petite symbiose robuste de bord de mer, par exemple la symbiose poisson-clown / anémone. J’aime cette idée de “entraide, l’autre loi de la jungle”.
Comment est-ce que tu te vois dans 3 ans ?
Houlà, les antilopes ne voient pas forcément très loin.
Je me vois dédié à 100% à la PPN, j’aurai osé lâcher mes béquilles de mon ancien monde et mon angoisse de “modèle économique”.
Je me vois dans mon coin de forêt, prenant enfin le temps de faire des sit-spots, avec une belle communauté intégrée autour de moi, humaine et non-humaine.
Je me vois enfin connecté, lié profondément aux autres forest schools de ma région, du pays, et d’autres pays.
Et je vois ces liens créer un matelas robuste qui permettrait enfin aux humain·es perdus (dans la “performance” ou autre) d’oser lâcher prise et se faire du bien.

Si tu pouvais parler à ton toi du tout début de cette aventure, que lui conseillerais-tu ?
de ne pas trop douter du sérieux de cette démarche, que c’est cette démarche qui est sérieuse, et celle de poursuivre à collaborer à un monde pernicieux qui ne l’est pas.
de respecter son inquiétude économique : elle est réelle, ne doit pas être niée, mais elle peut être résolue. Il faut ainsi bien penser ce sujet (de quoi ai je besoin pour vivre ?), avec soi d’abord, puis en famille, et s’entourer des bonnes personnes.
d’oser poser les questions lors des formations, sans avoir peur de passer pour un idiot : les formations sont faites pour cela.
Tu aimerais passer le relais de cette interview à quelqu’un en particulier pour la prochaine newsletter ?
Je pense bien entendu à ma super binôme de formation Marion “Mammouth” Etesse, basée à côté de St Brieuc.
Merci beaucoup à Antoine d'avoir participé à cette rencontre au coin du feu !
Si tu souhaites en savoir plus sur les projets d'Antoine :











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