Au coin du feu avec... La Forêt des Sens !


Chaque saison, nous retrouvons des membres du réseau au coin du feu, qui partagent leur aventure…

Pour ce numéro, Marta et Martha nous racontent la création de La Forêt des Sens.



Bonjour, est-ce que vous pouvez vous présenter rapidement (Vos prénoms, Où vous habitez, vos âges, et vos parcours en quelques mots).


Nous sommes Marta Villanueva et Martha Bidault, toutes deux porteuses du projet de l’association de la Forêt des Sens. Nous vivons toutes les deux en Ariège, près de Saint-Girons.


Martha : j’ai 34 ans. J’ai d’abord choisi un parcours universitaire en sciences sociales, particulièrement en sociologie, psychologie et anthropologie. En parallèle de mon année de master, j’ai travaillé avec des enfants en inclusion scolaire au sein d’une ULIS et la nécessité de sortir les enfants dehors m'est apparue comme une urgence ! J’ai découvert que le métier d’animatrice nature existait et j’ai suivi la formation du BPJEPS EEDD en Alsace, dans le super centre de formation de l’ARIENA ! J’ai travaillé en tant qu’animatrice nature en Alsace, puis après un grand voyage, j’ai choisi l’Ariège et ses montagnes vertes pour m’ancrer. La découverte du monde paysan m’a emmené dans une rencontre profonde avec la nature en devenant chevrière et en passant de longues heures de garde en montagne à observer la faune et la flore. Mais ce métier est bien solitaire, et ma rencontre avec Marta m’a permis de croire en un rêve, d'allier la joie de la vie dehors et le partage de ces temps de jeux et de contemplation avec les enfants !


Marta : J’ai 34 ans. J’ai fait mes études comme ingénieur forestier. Ensuite, j’ai vécu un an dans un projet de permaculture en Slovaquie et j’ai voyagé dans plus de 30 pays, période où j’ai connu les écoles forêt (en Finlande et en Allemagne). Je me suis ensuite reconvertie en tant qu'animatrice nature et j’ai travaillé dans des centres nature et des séjours vacances en pleine nature pendant 10 ans. J’ai validé mon BPJEPS EEDD et passé la formation de Direction ACM. Je me suis formé aux écoles forêt en Espagne (Bosquescuela) et j’ai proposé pendant deux ans des sorties régulières en forêt en Creuse avec les 3-6 ans, une expérience hyper enrichissante. Cela fait un an que j’ai déménagé en Ariège pour m'approcher de ma terre d’origine, l'Espagne, des Pyrénées et pour monter La Forêt des Sens avec Martha.


Merci, quelle est votre météo intérieure en écrivant ces quelques lignes ?


Martha : c’est le tout début de l’automne, les lumières et les jeux de brumes du matin sur ma petite montagne me procurent beaucoup de joie intérieure !


Marta : je me sens dans la vague qui monte et descend après quelques imprévus avant l’ouverture mais je continue toujours vers la côte où enfin je touche à mon but...


Est-ce que comme beaucoup de personnes en France qui rejoignent cette aventure de la PPN, vous avez encore le syndrome de l'imposteur ?


Je ne pense pas que nous ayons de problème de légitimité car nous avons toutes les deux une grande confiance dans la nécessité de développer cette pédagogie. Ce qui peut être parfois plus compliqué est d’expliquer son importance à des personnes dubitatives ou critiques. Mais ça fait aussi partie du travail de sensibilisation…


Je ne me sens pas une imposteur car j’ai validé mes diplômes en France (je m'étais formée avant en Espagne) pour être reconnue. On est déclaré comme Accueil Collectif de Mineurs pour la DDSPP pour les enfants de plus de 6 ans et ils nous soutiennent. Maintenant on lutte pour que la PMI (Protection Maternelle et Infantile) reconnaisse cette méthodologie et qu'on puisse la proposer aux enfants de moins de 6 ans bientôt.

Est-ce que vous pourriez décrire votre projet et pourquoi vous avez rejoint le RPPN ?


Nous avons monté l’association de la Forêt des Sens avec l’intention d’accueillir des enfants en forêt sur des journées régulières toutes l’année par tous les temps ! Nous nous reposons très principalement sur le modèle des Waldkindergarten, très inspirées par la pédagogue Sarah Waucquier, mais aussi Dominique Cottereau ou Louis Espinassou. Ainsi, nous ouvrirons à partir de novembre notre petit coin de forêt le mercredi pour tous les enfants et le jeudi à destination des enfants en instruction en famille. Nous souhaitons aussi travailler avec des écoles sur des cycles qui permettent aux enfants de venir en forêt à chaque saison. Enfin nous prévoyons d’accueillir des enfants en IME et hôpitaux de jour pour des rendez-vous réguliers sur un cycle à définir selon chaque projet.


On a rejoint le RPPN afin d’échanger et d’améliorer notre pratique. On est aussi intéressées pour partager nos expériences, nos outils et nos difficultés vis -à -vis à la législation. Les rencontres régionales et le forum du site sont des démarches superbes pour enrichir notre projet!

Si vous étiez une partie de la forêt/la nature, laquelle serez-vous ?


La hêtraie d’altitude, avec ses hêtres majestueux qui poussent sur de grands rochers couverts de mousse. Un lieu à la fois plein de magie, de poésie, de puissance et d'apaisement. Un lieu propice au jeu, avec ses rochers et ses arbres pour se cacher et escalader, ses mousses à caresser, et ce petit monde à explorer.


Moi aussi une hêtraie mais sans altitude… une forêt avec qui j’ai toujours rêvé car cette essence d’arbre pousse à prendre confiance en soi, elle a un tronc qui fait imaginer tout un monde féerique (et des éléphantes!) mais aussi elle a le pouvoir de prendre toute la lumière, comme des cathédrales de nature où on trouve le refuge.


Comment est-ce que vous vous voyez dans 3 ans ?


Nous serions bien contente dans notre petit coin de forêt, avec tous ces projets démarrés ! Nos petits habitués du mercredi et du jeudi, des partenariats pérennes avec les IME et autres structures spécialisées de notre territoire.


J’imagine, en plus, une forêt avec des racines bien développées où le réseau attire, partage et visite des autres acteurs du territoire tels que des artistes, personnes âgées et/ ou autres accueil en nature.

Si vous pouviez vous parler à vous-même au tout début de cette aventure, que vous conseilleriez-vous ?


Martha : Je me répète régulièrement que je dois être confiante, patiente et déterminée, et surtout, que je dois toujours RÊVER !

Marta : Aller toujours au-delà des peurs et des jugements, sortir du cadre… écouter mon cœur, celle des enfants et sentir qu’ils ont besoin de la nature!



Vous aimeriez passer le relais de cette interview à quelqu'un en particulier pour la prochaine newsletter ?

Delphine Pinson de Nature Extra-ordinaire (dans l’Aude), avec qui on a fait un stage sur l’eau ensemble cet été et avec qui on aime beaucoup échanger:)





Si tu souhaites en savoir plus sur d'autres projets en PPN, n'hésites pas à consulter la base de connaissances sur notre forum.



www.laforetdessens.com






Merci beaucoup à Martha et Marta d'avoir participé à cette rencontre au coin du feu !






208 vues2 commentaires

Posts récents

Voir tout