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Au coin du feu ...avec Laetitia

 

Chaque saison, nous retrouvons des membres du réseau, au coin du feu, qui partagent leur aventure… Pour ce numéro, Laetitia nous raconte son parcours ...

 


Bonjour, est-ce que tu peux te présenter rapidement ?

Je m'appelle Laetitia Libellule, je vis dans le Sud-Isère, un magnifique village nommé Tréminis,  niché au creux d'une magnifique montagne, le Grand Ferrand. J'ai 36 ans et toutes mes dents! Nouvelle habitante de cette région, j'arrive du Vaucluse où j'avais créé Les Bleues'Bellules (à retrouver sur pas mal de réseaux sociaux et qui existent toujours !). Aujourd'hui,  je suis en plein lancement d'un nouveau projet, associatif cette fois-ci,  nommée En Nature Simon.e !

Merci, quelle est ta météo intérieure en écrivant ces quelques lignes ?

Là, présentement, j'écris en pianotant sur mon téléphone après 3h de route pour rejoindre le Vaucluse (où le printemps est dinguement installé,  "fan" !), où j'anime ce soir un ciné-débat pour la semaine nationale de la petite enfance. Et devinez quoi ? Le sujet c'est "les bienfaits du contact avec la nature pour les tout-petits". Dans le Vaucluse...autre dinguerie. Comme quoi, tout arrive ! Alors avec tout ça,  je compose ! J'ai la patate avec le printemps qui s'en vient (et les morilles que je ramasse),  je gère ma frustration devant la mini-mini-vitesse à laquelle les choses bougent tout en me disant  "c'est bien que ça bouge...quand même "..., je suis fatiguée physiquement de porter un lancement de projet, chargée mentalement...mais tellement contente !! Alignée,  ancrée,  contente !



Est-ce que comme beaucoup de personnes en France qui rejoignent cette aventure de la PPN, tu as encore le syndrome de l’imposteur ?

Le syndrome de l'imposteur ou le manque d'estime de moi ne sont pas vraiment un truc dont je souffre !  Et si ça se trouve, parfois, il vaudrait mieux...Disons que la PPN ressemble tellement à ma manière d'être, ma vision rêvée, mon ambition et ma quête, à mon histoire préférée que je n'ai "qu'à vivre tout en essayant de transmettre", aussi simple que cela (parce en vrai, ça l'est). Mon fameux "NORMAL" que j'ai pour habitude d'utiliser et que certain.e.s ici m'ont déjà entendu dire dans un espèce de haussement d'épaules..."bin quoi, tout cela est normal". Pour toute demande de coaching en légitimité, me contacter ...


Est-ce que tu pourrais décrire ton projet ?

Je vais raconter le nouveau projet, En Nature Simon.e. Il s'inscrit clairement dans une volonté politique locale sous-marine (en gros, je ne le dis pas trop fort...action politique sans le discours). Pour mon nouveau lieu de vie et avant de savoir où j'allais atterrir, je cherchais un territoire prêt à accueillir un lieu d'accueil en forêt (pour ne pas dire forest school), une mairie qui prêterait de la forêt (stratégie politique pour moi), une population assez ouverte d'esprit, le tout pour faire un espèce de modèle (et il y en a d'autres, notamment dans le RPPN) montrant que c'est possible. Alors j'ai rencontré des élus de Mens dans le Trièves (en leur "vendant" bien à quel point en PPN, nous sommes axés sécurité et analyses de risques et bénéfices, protocoles, etc), et la mairie qui venait d'acheter de la forêt pour y mener des activités pédagogiques sans savoir trop quoi....c'était parti ! Le temps de monter l'asso (6 mois quand même, j'en dirais 2 mots après), de faire des rendez-vous avec les élus, les agents ONF, les chasseurs et les autres usagers de la parcelle (une agricultrice), d'écrire une convention d'utilisation du terrain communal (largement inspirée de celle d'autres structures du réseau qui me les ont gracieusement partagées...merci !), nous en sommes à .....la signature !! 
Petit retour : c'est long, ça a de l'inertie pour avancer, ça demande une belle dépense d'énergie, avant même de mettre les pieds dans le bois ! Et en même temps, comme toute chose qui a de l'inertie, à un moment, quand tu arrêtes d'y mettre de l'énergie, ça continue d'avancer tout seul. Comme un "truc bien assis".  C'est ce qui se passe en ce moment. Et j'ai bon espoir de commencer les ateliers courant mai...
*Deux mots sur En Nature Simon.e, notamment sur ses objectifs comme on peut les voir dans les statuts (vocabulaire un peu connexion, un peu institutionnel) :  "Promouvoir, agir et accompagner tous les publics, de la périnatalité au grand âge, en faveur de la reconnexion à la nature et du développement global des participants (savoir-être, savoir-faire, savoir)" ; "Sensibiliser et Encourager au respect et à la protection de l’environnement et du vivant" ; "Promouvoir et agir en faveur de l’éducation des enfants dans la nature" ; "Co-construire les projets de l’association en partenariat avec des acteurs de la “Santé Environnement” et développer des liens entre culture et nature, entre arts et nature" ; "Organiser des ateliers, formations et stages sur ces thèmes" ; "Accompagner la participation citoyenne". 



Pourquoi as-tu rejoint le RPPN ?

Ca vient en écho avec mon référentiel de normalité. Ce sont d'abord Daniella de Va nu pied et Sandy de Mille et Une Pousses, que j'avais contactées par téléphone en 2020 (ou un truc comme ça), alors que je vivais en Normandie. J'enquêtais sur les différents métiers en lien avec l'éducation et le dehors. Toutes les deux m'ont dit de regarder le RPPN, d'appeler. Ce que j'ai fait, et c'était parti ! Et comme évoqué plus haut, à côtoyer des copains et copines de bois, parler de choses et d'autres autour du feu, partager nos visions du monde, jouer dehors, tout me paraissait ENFIN normal ! Et aujourd'hui, j'ai beaucoup de reconnaissance pour toutes ces rencontres qui ont jalonné mon chemin, et aussi, je mesure la chance que j'ai eu, car ce chemin continue ! 

Si tu étais une partie de la forêt/la nature, laquelle serais tu ?

Ce qui me vient là, c'est la morille. En ce moment, j'apprends beaucoup d'elle, parce que je la cherche. J'arpente la forêt à pas de renard, tellement silencieuse qu'au détour d'un chemin à la croisée d'un chevreuil, il ne part pas. Je m'accroupis pour affûter ma technique, "regardez ce qui dépasse, ce qui parait bizarre...c'est souvent une morille, ou la pomme de pin que se prend pour une morille". Je regarde où elle pousse, son biotope. Cherche à comprendre pourquoi dans un biotope idéal, des sapins, des cailloux et des pistes forestières toutes retournées dans une percée de lumière...et bien, elle ne pousse pas. Elle m'apprend la conscience de chaque pas posé, à jouer avec mon corps pour la voir sous un bon angle, à jouer avec la lumière du soleil, toujours pour le bon angle. Elle m'apprend la lenteur, l'affût, la présence, le flow, la joie des chasses aux trésors, le lâcher-prise (quand je suis brocouille...bin oui, c'est comme ça qu'on dit!), l'intimité, le privilège. La morille a de belles leçons de vie. Quant à la partie de forêt que je serais, c'est la toute petite araignée, invisible et dont on voit à peine les fils de soie - qui de morille en hellébore, d'hellébore en petit sapin, de petit sapin en grand sapin, de grand sapin en brindille, de brindille de bout de mousse, et de bout de mousse en morille - tisse. 

Comment est-ce que tu te vois dans 3 ans ?

J'aurai trouvé le mec de la suite de ma vie !!! 


Si tu pouvais te parler à toi-même au tout début de cette aventure, que te conseillerais tu ?

Je lui dirais "Quand une fleur ne fleurit pas, on corrige l'environnement dans lequel elle pousse, pas la fleur."


Tu aimerais passer le relais de cette interview à quelqu’un en particulier pour la prochaine newsletter ?

A ma copine des bois et de la vie, Floriane de Flow Nature, situé à Crépol dans la Drôme. On fonctionne bien en binôme ! Bisous Flo   !

 

Merci beaucoup à Laetitia d'avoir participé à cette rencontre au coin du feu !


 

Si tu souhaites en savoir plus sur :

En Nature Simon.e : à retrouver sur Facebook (pas encore de site internet):

ou Bleues-Bellules :

ou d'autres projets en PPN, n'hésites pas à consulter la base de connaissances sur notre forum.


 











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