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  • Ruth Joiner

Le matériel ludique dans les projets du RPPN

Comme nous l'a bien décrit Julie, la PPN proposée par le RPPN s'appuie sur le jeu libre des enfants.

Promouvoir le jeu libre s'appuie sur différents apports théoriques et pratiques. Chez les enfants, le jeu libre est spontané mais pour l'adulte, il peut l'être un peu moins. Nous avons vu aussi qu'au RPPN, l'observation et l'écoute des autres et son environnement sont essentielles pour créer des propositions répondant au plus près des besoins d'exploration et de jeu des enfants.


Pour qu'il y ait jeu, il est donc nécessaire d'offrir un cadre spatio-temporel qui permette de se laisser aller au jeu. Ce cadre est pensé en premier lieu par les porteurs de projet que vous êtes. Il est donc indispensable de prendre le temps de le penser et de l'aménager. A travers cet espace aménagé vous montrez vos valeurs sur les jeux des enfants. L'espace d'exploration et de jeux ne sont pas figés dans le temps. Ils évolueront au fil de vos observations des enfants et des adultes que vous accueillez dans cet espace aménagé. C'est une de ses richesses : être en perpétuel mouvement.

Dans les projets du RPPN, un environnement naturel aménagé, ou non, est proposé comme espace de jeu que les enfants s’approprient. Les espaces sont pensés pour permettre des interactions entre les enfants, avec la nature et avec des objets. Jeux et explorations sont guidés indirectement par l’aménagement de l’espace et la disponibilité de l’éducateur. C'est un des points clés de la PPN. L'éducateur offre, les enfants en disposent comme ils le souhaitent.

Dans cet article, nous allons explorer deux des approches clés de la PPN en ce qui concerne les propositions dans l'espace :

- la mise à disposition de "loose parts".

- la présence de jouets manufacturés dans l'aménagement de l'espace de votre lieu.

Pour cela, je vais m'appuyer sur des exemples concrets de trois projets du RPPN que j'ai pu visiter : - Autour du feu de Julie.

- L'école buissonière de Ruth.

- Marmaille & Pissenlit de Pauline.




Les loose parts : une approche centrale au RPPN




‘In any environment, both the degree of inventiveness and creativity, and the

possibility of discovery, are directly proportional to the number and kind of

variables in it.’

Simon Nicholson, Architect





Ce concept date des années 70 et a été pensé par Simon Nicholson. Architecte, il s'est intéressé aux cours de récréation et a proposé d'y intégrer plus de "matériaux libres" pour faire appel à la créativité naturelle des enfants et leurs inventivités. Prenons un exemple, des éléments naturels comme des branches d'arbres sont des "matériaux libres" car l'enfant peut s'approprier ce matériau comme il le souhaite : il peut devenir une épée, un volant de voiture, un objet pour mélanger... Cette approche nous pouvons la retrouver dans la pédagogie Reggio Emilia. Dans cette approche, tout enfant est créatif, curieux du monde et désireux d'expérimenter et de découvrir de nouvelles choses. Pour faire court, cette approche propose d’offrir aux enfants toutes sortes d’éléments, qu’ils soient naturels (cailloux, bouts de bois, etc.) ou manufacturés (blocs, planches, etc.), que les enfants peuvent soulever, déplacer et combiner à leur guise. Des matériaux ouverts qui stimuleraient leur inventivité. Pour plus de détails sur cette approche, voici un lien vers les résultats d'une recherche sur les "loose parts" fait en France.


Le RPPN s'inscrit dans ce courant. Dans les lieux déjà créés, les enfants sont aussi libres d'imaginer et créer dans un espace naturel. Tout en respectant le vivant et la Terre, cet espace lui permet de se découvrir, de découvrir les autres et son environnement. La théorie des "loose parts" nous permet de réfléchir et d'aménager un espace qui permettra à chaque enfant de se construire, de jouer et de rêver.

La PPN s'appuie aussi sur la culture enfantine existante, notamment sur les "types" de jeux que les enfants ont l'habitude de voir à la maison, à la crèche, aux centres de loisirs, à l'école et dans les ludothèques. Ceux-ci sont repensés en y ajoutant la théorie des "looses part" et le jeu libre. En voici quelques exemples.

La cuisine de boue

Dans cet espace, les enfants pourront retrouver ce qu'on appelle traditionnellement la dinette. Libre à vous de créer votre dinette qui résistera aux quatre saisons. Pour le mobilier, elle peut être construite à partir de palettes de récupération ou à partir de meubles de récupération assemblés les uns aux autres. En ce qui concerne les ustensiles et les objets, rien de mieux que de vrais objets de cuisine chinés ici et là. La richesse de cette cuisine, c'est qu'elle évolue au fil des saisons et chaque enfant pourra se l'approprier comme il le souhaite avec les éléments naturels qu'il pourra trouver autour de cette "mud kitchen". Les plus petits expérimenteront les transvasements, quant aux plus grands, ils construiront des histoires, seul ou à plusieurs.



Le coin patouille

Quand au coin patouille, il s'apparente au bac à sable que nous voyons de moins en moins dans les structures accueillant des enfants. Celui-ci évoluera au fil des saisons. Vous pouvez y ajouter les pelles, râteaux et seaux mais aussi des engins de chantier, des véhicules... et même des canards en plastique... Et pourquoi ne pas demander aux enfants ce qu'ils aimeraient avoir pour jouer ?



Le coin construction

Kapla, cubes de construction, légo... Les enfants ont un matériel ludique pour construire et déconstruire à l'infini. Il est possible de proposer un espace pour leur permettre de continuer ces jeux de construction. Les éléments naturels qu'ils trouvent spontanément peuvent enclencher cette envie de construction. La construction de cabanes est un grand classique de tout aventure enfantine dans la nature et sources d'histoires collectives. Il vous est aussi possible de mettre à disposition des chutes de bois, des pierres et autres éléments naturels. Ne dîtes rien aux enfants et observer ce qu'ils feront avec... Des constructions peut-être ?



Des espaces de motricité

Bien que l'environnement offre une richesse indétrônable pour l'exploration motrice, il est aussi possible d'aménager des espaces qui mettent en avant ce besoin. Ci-dessous, vous pouvez voir des troncs d'arbres posés sur le sol et l'installation d'une slackline. Simple d'apparence, il est néanmoins indispensable de vous assurer de la stabilité de ces supports de motricité, et ainsi, de garantir la sécurité des enfants dans leur exploration motrice.



Et bien d'autres idées en fonction de vos espaces et des envies Faîtes confiance aux enfants, à vous même et au lieu comme l'ont fait Julie, Pauline et Ruth. Leur espace d'accueil est singulier et en évolution permanente.


Les exemples ci-dessus ne sont qu'une toute petite partie de ce qu'il est possible de créer... A vous d'imaginer votre espace en fonction de ce que vous souhaitez valoriser dans votre espace et dans l'accueil des enfants.

Observer votre lieu, il regorge lui aussi d'inspirations... Il faudra alors le valoriser et le sécuriser.

Observer et écouter les enfants est un point de départ important pour leur offrir un espace qui leur corresponde !


La PPN souhaite promouvoir le monde des enfants dans un environnement naturel !

Je terminerais cet article par une citation* qui fait écho pour moi à ce que défend le RPPN :

Dans le jeu, “L’effet recherché par le joueur renvoie au plaisir, mais ce faisant il peut rencontrer, de façon aléatoire, une expérience facteur d’apprentissage”



Jennifer CHARBONNEAU






*La citation est extraite de l'article de G. Brougère (2002), Jeu et loisir comme espaces d'apprentissages informels. Éducation et sociétés, no 10(2), 5-20.

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