Au coin du feu avec... Natures Extraordinaires !

Dernière mise à jour : 17 janv.


Chaque saison, nous retrouvons des membres du réseau au coin du feu, qui partagent leur aventure…

Pour ce numéro, Delphine nous raconte la création de Natures Extraordinaires

 

 


Bonjour, est-ce que tu peux te présenter rapidement (Ton prénom, Où tu vis, ton âge, et ton parcours en quelques mots).


Delphine ! J'ai 36 ans. Je vis dans l'Aude, à Lespinassière, un charmant petit village de 130 habitants, dans la Montagne Noire.

Je suis animatrice BAFA depuis l'âge de 16 ans. Grâce aux différents séjours que j'ai pu faire, je me suis formée en animation nature, notamment au Gîte des Ecouges de l'association La Trace, dans le Vercors, un lieu d'immersion merveilleux au cœur des montagnes. J'ai aussi travaillé plusieurs années comme vacataire aux Petits Débrouillards ce qui m'a appris à accompagner les enfants dans le tâtonnement expérimental et la bidouille créative... j'adore !

Professeur des écoles, j'ai enseigné pendant dix ans dans l'école publique pour tous les âges et tous les niveaux... ainsi que deux années en IME ( Institut Médico-Educatif). J'ai toujours eu un focus particulier pour les enfants qui peinent à trouver leur place. Un besoin pressant de mieux comprendre l'autisme m'a mené au Texas pour me former auprès de Rupert Isaacson qui a créé une méthode d'accompagnement des enfants autistes en milieu naturel... ma première rencontre avec l'idée d'un terrain d'exploration riche en stimuli sensoriels et en propositions de jeux et de rencontres avec le vivant. Dans ma chambre d'ado, il y avait un poster « NATURE AND CHILD ». Je ne le savais pas mais c'était déjà en train de mijoter...


Merci, quelle est ta météo intérieure en écrivant ces quelques lignes ?


Je ressens de la fluidité et de la lumière. Comme si tout faisait sens. Comme si le chemin de vie se dessinait comme une suite logique.


Est-ce que comme beaucoup de personnes en France qui rejoignent cette aventure de la PPN, tu as encore le syndrome de l'imposteur ?


Un peu, oui ! C'est surtout les compétences naturalistes qui me manquent. Je me sens de plus en plus légitime. Je vois aussi chaque jour que mes compétences en gestion de groupe, en « débrouillardise pratico-pratique » et en compréhension de ce qu'est la PPN sont indispensables... Ça renforce ma légitimité. Ce qu'on « vend » est à la fois d'une simplicité atterrante et d'une grande « complexité pédagogique ». La PPN demande une vigilance de chaque instant, une adaptabilité, une posture très active à l'intérieur mais qui peut donner l'impression qu'on ne fait rien. Le jeu libre par exemple me met parfois en difficulté. Il y a toujours une petite voix en moi qui essaye de me dire « ça, ils peuvent le faire dans leur jardin avec les copains... qu'est ce qu'il trouvent de plus ICI ? ». Sur mon territoire, la forêt est omniprésente. Il m'a fallu du temps pour reconnaître la valeur et la spécificité précieuse de notre projet.

Est-ce que tu peux décrire ton projet et pourquoi tu as rejoint le RPPN ?


A la base, mon projet était de faire un lieu ouvert aux enfants extra-ordinaires, ceux qui peinent à trouver leur place dans un contexte ordinaire. Aujourd'hui, c'est devenu une « forest school ». Nous accueillons deux groupes réguliers. Un groupe hebdomadaire le mardi de 10h à 16h pour 16 enfants en instruction en famille et un groupe le mercredi de 10h à 14h pour une quinzaine d'enfants aussi. Ils font parfois une heure de route pour venir. Sur ces accueils, le mot d'ordre est la liberté. Et comme le groupe dure dans le temps, ils comprennent de mieux en mieux les possibilités et les projets s'émerveillent de plus en plus. Les accueils réguliers sont pour moi l'occasion de travailler à rejoindre chaque fois un peu plus les points clés de la PPN. On propose aussi des stages plus « thématiques » ( moulins et machines infernales sur la rivière, stage « trappeurs », nuit en refuge). J'accompagne aussi des enseignant.e.s à sortir davantage avec leurs élèves et l'association porte un gros projet de débitumisation/ensauvagement d'une cour d'école à Carcassonne. Le projet global, pour moi, c'est de permettre aux enfants de s'épanouir en nature. Pour moi, s'épanouir passe par : jouer, créer du lien avec les autres, chanter, ouvrir ses sens, apprendre, porter un regard sur le vivant, prendre confiance en soi. Comme pour vous tou.te.s, notre projet, notre devise : Prendre soin de soi, des autres et de la nature. Pour moi c'est plus qu'une règle de vie. C'est presque L' objectif !

Ma rencontre avec le RPPN ? Un jour, une amie me donne le contact d'Adeline LEFEBVRE et me dit « tiens, ça pourrait t'intéresser ! ». J'appelle Ruth pour tout savoir sur son lieu. Très vite, j'embarque pour aller VOIR. Je découvre que ce que j'imagine existe en VRAI... je n'avais pas connaissance de ce modèle de « forest school », c'est une révélation. Et la suite, évidemment... je participe à la formation à Autour de Feu avec Ruth et Julie. Tout résonne très fort en moi. Je me sens à ma place, l'enthousiasme est débordant ! Les rencontres sont nourrissantes et gorgées de VIE !

Si tu étais une partie de la forêt/la nature, laquelle serais-tu ?


Un écureuil. Tout est calme dans la forêt. Et lui, il s'agite, il court partout, il saute, grimpe, court. Joyeusement... mais on a parfois du mal à le suivre. Parfois même, il oublie ses planques ! Roo ! Mais on l'aime quand même, il a un truc sympathique celui-là.



Comment est-ce que tu te vois dans 3 ans ?


Tout me semble possible. A partir de cet été le projet sera en dormance car nous avons un projet de voyage familial... est-ce que j'aurais envie de continuer en rentrant, ou de me consacrer à la fabrication de machines infernales... ou juste gagner sa croûte parce que les gens n'auront plus de fric ? Si je continue, je veux vraiment développer les projets d'inclusion pour le plus grand nombre, que ce soit ancrée dans l'ADN de la structure. Avoir des groupes mixtes, accueillir aussi des enfants à mobilité réduite. J'aimerais me former comme Éducatrice Spécialisée ou psychomotricienne pour monter en compétence dans le domaine.

Si tu pouvais parler à ton toi du tout début de cette aventure, que lui conseillerais-tu ?


Tu es capable, ça a du sens. Les enfants d'aujourd'hui ont cruellement BESOIN de ça alors FONCE !!



Tu aimerais passer le relais de cette interview à quelqu’un en particulier pour la prochaine newsletter ?

A Georges de l'Abeille Verte. Nous travaillions ensemble à l' Aube du Chêne... un lieu merveilleux où nous proposions des séjours mixtes ouverts aux enfants « différents ». Notre support était le vivant et la pédagogie de projet. C'était d'une incroyable richesse.




 


Si tu souhaites en savoir plus sur d'autres projets en PPN, n'hésites pas à consulter la base de connaissances sur notre forum.

 


https://naturesextraordinaires.wordpress.com/





 



Merci beaucoup à Delphine d'avoir participé à cette rencontre au coin du feu !






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